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L'audit nous aide à poser les bonnes questions ?

Lectures : 25721 février 2018

L'éleveur avec son conseiller. « En s'intéressant au comportement des animaux, on comprend mieux pourquoi il faut modifier certaines pratiques. »

Dans ce GAEC, l'audit a formalisé l'observation des animaux à partir de grilles et de repères précis pour vérifier leur bien-être.

En ce milieu d'après-midi de fin d'hiver, l'ambiance est calme dans la stabulation du Gaec. Parmi les 70 vaches du troupeau, une majorité est dans les logettes en train de ruminer, certaines mangent au cornadis, quelques-unes se situent à proximité du robot de traite, tandis que quelques autres encore circulent dans les couloirs ...

Malgré la météo maussade, le bâtiment est clair et lumineux. Les éleveurs, ont renouvelé les translucides il y a un mois. « Cela nous a coûté de l'argent, mais nous ne regrettons pas. Cest le jour et la nuit comparé à avant », indique l'éleveur en souriant. Le luxmètre indique 1 500 lux, soit autant que dans un bâtiment neuf. Pas de signes d'humidité visibles en toiture, ni d'odeur d'ammoniac.

Pas non plus de bruit métallique de cornadis qui claque, souvent synonyme de compétition à l'auge, juste le ronron de la radio que l'on perçoit du fond de l'étable. C'est plutôt bien parti... Approchons un peu pour regarder les vaches sans les perturber depuis le couloir d'alimentation.

Observer la répartition des animaux dans le bâtiment

À première vue, les animaux sont propres et leurs poils luisants. Ils se répartissent de façon homogène dans le bâtiment. « L'auge est propre, on ne voit pas de trace de fourrage souillé, relève le conseiller. L'inclinaison des cornadis à 10° permet une bonne accessibilité aux fourrages. La hauteur de la table d'alimentation par rapport à l'aire d'exercice est en adéquation avec les recommandations : 15 centimètres de décalage. »

Quelques vaches au cornadis présentent des naseaux secs. Un signe non anecdotique qui soulève d'ores et déjà la question de l'accès à l'eau.

Une fois au milieu des animaux, intéressons-nous au troupeau dans son ensemble.

Les vaches ont une démarche franche. La circulation est assez bonne avec des sols propres et non glissants (les caillebotis et l'aire d'exercice ont été scarifiés). Nous observons de la compétition sur l'aire d'exercice sur un tronçon du bâtiment, où le couloir d'exercice se limite à 2,50 m de large derrière les cornadis. Ailleurs, il y a 3,50 m. « C'est trop juste, estime le conseiller. Il faudrait 4,50 mètres pour que deux vaches puissent se croiser si une autre est en train de manger. »

La compétition se retrouve également au niveau des abreuvoirs. Une primipare s'approche timidement, s'apprête à aller boire puis s'arrête. Une autre vache plus assurée vient de prendre sa place, bloquant ainsi l'accès au double abreuvoir. Le bâtiment compte trois points d'eau, dont deux situés dans un passage étroit (2,50 m de large). « L'idéal est d'avoir un point deau de 70 à 80 litres (avec un débit de 15 l/mn) pour 15 à 20 vaches », souligne l'expert en conseillant de rajouter au moins un point d'eau, si possible à proximité du robot et de remonter d'une dizaine de centimètres tous les abreuvoirs. « Mieux vaut viser une hauteur de 80-90 centimètres du sol au bord de l'abreuvoir, en veillant à maintenir le niveau d'eau constant. Dans les couloirs étroits, un abreuvoir type face à face serait plus adapté pour que les vaches boivent le long du mur sans obstruer la circulation. »

Beaucoup de vaches debout dans les logettes doit alerter

Autre point frappant: plus de 60 % des vaches au repos ruminent, mais il y a aussi beaucoup de vaches (plus de 15 % ) qui restent debout dans les logettes.

Pourquoi ? Testons le confort de couchage en se laissant tomber à genoux dans les logettes à plusieurs reprises. Même pas mal !

« Le problème ne vient pas d'un manque de confort (tapis + 4 kg de paille!) mais d'un réglage des logettes inadapté qui crée un obstacle au coucher et au lever», analyse le conseiller.

Trouver le bon réglage des logettes peut prendre plusieurs mois. Au départ, mieux vaut placer la barre au cou le plus en avant possible, puis ajuster le positionnement en observant la vache se coucher. C'est l'arrêtoir qui fait la longueur de la logette, pas la barre au cou. Face à un mur, il faut prévoir plus d'un mètre de dégagement. Ici, la distance de dégagement est suffisante mais la barre au cou gêne le mouvement de balanc ier, obligeant la vache à mettre sa tête de travers. L'éleveur va avancer la barre au cou de 12 centimètres et la relever de 14 centimètres pour qu'il y ait 110 centimètres sous la barre.

Certaines vaches restent debout une heure, voire plus, comme en témoignent les observations faites sur la vidéo. «Il n'y a pas d'arrêtoir au sol, ce qui fait que certaines vaches se couchent 45 à 50 centimètres trop en avant à l'intérieur des logettes. Du coup, elles ont davantage de difficultés pour se relever. » Elles manquent de dégagement pour effectuer le mouvement de balancier vers l'avant avec le cou. Du coup, elles se mettent en travers et positionnent leur tête de biais pour parvenir à se redresser. « Le lever nécessite parfois plusieurs tentatives et peut prendre plusieurs minutes. »

Certaines vaches se couchent 45 à 50 centimètres trop en avant à l'intérieur des logettes car il n'y a pas d'arrêtoir au sol. L'éleveur compte descendre une sangle pour faire office d'arrêtoir, et la positionner à 1,80 m du seuil de la logette.

La visite se termine par une approche plus individuelle en observant une dizaine de vaches.

L'état corporel est jugé bon. Les vaches sont indemnes de lésions, si ce n'est quelques tarsites légères. Elles ruminent bien, avec 62 à 65 coups de mâchoire par bol de rumination, signe que la ration est bien équilibrée en énergie-azote et fibres.

Les notes de remplissage de rumen sont homogènes avec seulement 5 % des vaches avec des notes inférieures à 3, « ce qui confirme que les fourrages sont accessibles et distribués à volonté ». Par contre, les bouses apparaissent assez hétérogènes en consistance et couleur. Certaines sont ternes avec la présence de grains et de fibres non digérés, et 15 à 20 % présentent des moulures reflétant des bouses assez sèches. « L'explication est certainement à chercher du côté des concentrés distribués au robot, du stade de lactation, de l'abreuvement ou encore de la transition des primipares », suggère le conseiller.

Cet article fait partie d'une série de dossier sur l'observation de vos vaches pour retourner au sommaire cliquez sur le lien ci-dessous :

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Source : Panorama de presse Réussir Lait

Source : http://abc-eleveurs.net/elevages/dossiers/3042-l-audit-nous-aide-a-poser-les-bonnes-questions