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Toute la lumière sur les bâtiments d'élevage

Lectures : 5832 février 2018

La source de lumière n'a plus comme seul intérêt de favoriser la vision dans un endroit obscur. Et si elle permettait aussi d'augmenter la production laitière ? Les nouvelles technologies le permettent. Les constructeurs s'en emparent.

Les constructeurs de solutions d'éclairage en bâtiments d'élevage utilisent les nouveaux outils pour augmenter la production laitière. Il s'agit d'exploiter au mieux la photopériode. L'objectif est d'agir sur la sécrétion de mélatonine, plus communément appelée hormone du sommeil. En augmentant la durée du jour quotidienne à 16 heures, on diminue la sécrétion de cette hormone ce qui fait croître l'appétit de l'animal et se traduit directement par une production de lait plus conséquente.

Une intensité lumineuse comprise entre 150 et 200 lux pour être efficace

Les effets bénéfiques de la lumière agiraient également sur la reproduction et le délai entre les vêlages, avec une fertilité plus importante et des chaleurs plus actives. Pour un responsable produits équipements de bâtiments : « la photopériode fonctionne quelle que soit la source lumineuse, l'important étant d'obtenir une intensité minimale ainsi qu'une bonne répartition de la lumière». Pour booster la production, l'intensité lumineuse doit obligatoirement être comprise entre 150 et 200 lux. En dessous de cette valeur, l'efficacité est nulle. Seul une technologie à leds bleues, arrive à descendre en dessous de ce seuil, avec 125 lux, pour la même efficacité.

Éclairer le maximum avec le minimum de source lumineuse

À titre de comparaison, 80 lux correspondent à une lumière dite de travail, dédiée uniquement aux besoins de l'homme. De façon plus imagée, il s'agit du minimum de lumière pour pouvoir lire un journal. Par ailleurs, nombreux sont les spécialistes à proposer des lumières rouges, qui permettent le déplacement de l'homme dans les bâtiments sans déranger l'animal. L'objectif pour l'éleveur est d'éclairer la plus grande surface possible, avec le minimum de source lumineuse pour limiter le coût d'investissement. Pour cela il faut concevoir un plan d'éclairage (établi par le fournisseur) qui prend en compte les dimensions du bâtiment (longueur, largeur, hauteur au faîtage et à la sablière, ainsi que la présence de logettes) et détermine en fonction des résultats le nombre de lampes, ainsi que leur hauteur.

Les propos des constructeurs sont nuancés par ceux des instituts. un spécialiste, de l'Institut de l'élevage rappelle que « l'éclairage doit aussi permettre aux animaux de circuler librement. Les bovins sont très sensibles aux écarts importants de luminosité. Il faut par conséquent éviter le suréclairage et les zones trop sombres, en particulier avec une traite robotisée pour ne pas pénaliser la fréquentation du robot».

Très sensibles à l'éblouissement et aux changements de luminosité

L'animateur du comité bâtiment du GIE élevages Bretagne va plus loin en expliquant que « l'installation de lumière dans une stabulation est avant tout une question de confort de travail et de sécurité pour l'éleveur. Le retour sur investissement lors de l'installation d'un système programmable pour produire plus de lait par vache n'est pas évident. Il faut d'abord être performant dans tous les autres domaines avant denvisager cette solution ».

Seize heures de lumière à 150 lux ont des effets bénéfiques sur la production de lait

La led prend le dessus technologiquement parlant

Plusieurs technologies d'éclairage se distinguent. les lampes à incandescence (dont les lampes halogénures métalliques) sont les plus courantes. La plupart du temps, elles produisent une lumière de couleur blanche. Leur durée de vie avoisine les 10 000 heures. Ces lampes consomment 400 watts. D'autres produisent également une variante de lumière jaune, pour une chef produit d'une marque pour les équipements des bâtiments: « la lumière jaune séduit peu les éleveurs français. Pourtant, elle est souvent moins onéreuse qu'une lumière blanche et sa durée de vie atteint 24 000 heures ». la led, dont la durée de vie dépasse allègrement ses concurrentes (50 000 à 80 0000 heures d'utilisation) ne consomme que 250 watts. Différentes couleurs sont disponibles suivant les marques et les modèles: blanche, la plus courante, rouge pour les déplacements de l'homme sans déranger l'animal et désormais bleue, qui annonce un meilleur rendement pour la photopériode.

Un boîtier pour piloter la lumière

Un système d'éclairage à leds est généralement 50 % plus cher. Les durées d'amortissement de ce surcoût sont très variables selon les estimations des constructeurs: de 2 à plus de 10 ans ! Pour un constructeur « un éclairage à leds s'amortit plus vite dans les pays où l'électricité est plus chère qu'en France ». Un autre ajoute « les systèmes traditionnels restent encore très plébiscités en France par rapport aux leds, pour des questions de coût d'investissement». Par ailleurs, les boîtiers de gestion simplifient la mise en oeuvre de la photopériode. Plusieurs programmes sont disponibles en fonction des lots d'animaux ou des endroits spécifiques du bâtiment à éclairer. Un capteur de luminosité, à l'extérieur du bâtiment, permet le déclenchement de la lumière. Certains constructeurs vont plus loin en automatisant la montée et la descente du filet brise-vent en fonction de la luminosité. Quoi qu'il en soit, les leds prennent l'avantage sur les lampes traditionnelles avec un allumage qui peut être progressif, partiel ou total.

Confort et économies comme maîtres-mots

Un éleveur à Argentré en Mayenne, est équipé de lampes halogénures métalliques MH depuis 2014. Installé avec son épouse en EARL, il a profité de la construction de leur nouvelle stabulation pour les vaches laitières pour installer un dispositif lumineux optimal. « Nous passions d'une traite traditionnelle à un système robotisé. Nous voulions un bon éclairage pour améliorer nos conditions de travail. De plus, le passage des lampes blanches au rouge (à leds) la nuit nous a littéralement séduit. » Une rangée centrale de cinq spots lumineux éclaire à six mètres de hauteur l'intégralité du bâtiment. « On y voit comme dans un stade, même au niveau du couloir d'alimentation pourtant masqué par des poteaux. Par contre, toute intervention devient plus compliquée à cette hauteur. » Outre le confort, les exploitants apprécient cette solution pour sa plus faible consommation électrique. Au moment du devis, il y a quatre ans, les leds en bâtiment n'étaient pas autant démocratisées. « A l'époque, nous n'avions le choix qu'entre des lampes halogénures métalliques ou des néons. »

Or, pour arriver aux performances d'éclairage d'une lampe de 400 watts, il faut onze néons de 65 watts, ce qui représente une consommation supplémentaire de 315 watts. Les lumières s'allument en fonction de la luminosité extérieure, mais l'éleveur reconnaît ne pas optimiser la photopériode. « Nos vaches sont poussées de diverses manières tous les jours pour optimiser la production de lait, alors la lumière agit sûrement positivement sur les animaux, mais de là à pouvoir quantifier une plus-value due à la lumière, ça me paraît compliqué. »

Source : Panorama de presse Réussir Lait

Source : http://abc-eleveurs.net/materiel/dossiers/3017-toute-la-lumiere-sur-les-batiments-d-elevage